notre plateforme

Résumé

Alors que la course à la chefferie du Parti vert commence, nous voulons que les membres du parti aient une idée claire de nos valeurs, de nos objectifs et de notre vision pour l'avenir. Pour ce faire, nous avons lancé ce livre introductif de recommandations politiques pour que les membres puissent avoir un aperçu de ce qui s'en vient. Toutes nos recommandations politiques ont été élaborées conformément à notre philosophie politique, en mettant l'accent sur la justice, la crédibilité et la préparation. Je crois qu'avec ces fondations, nous pouvons travailler ensemble pour créer des politiques fondées sur ‘evidence qui aideront tout le monde à continuer de s'épanouir face aux crises sans précédent du XXIe siècle. Considérez cette plate-forme préliminaire comme l'ouverture d'une conversation sur où nous, en tant que Partie, allons en termes de politique. Cette discussion est importante, et nous voulons donner à tous les membres le pouvoir d'avoir des conversations politiques et de proposer des idées qui seront soumises au vote lors de nos assemblées générales.

La première section du livre de politique se concentre sur notre mission de décoloniser ces terres. Plus précisément, nous nous efforçons de suivre les recommandations des dirigeants Autochtones, de fournir des ressources aux communautés Autochtones et de nous engager à coopérer de nation à nation par le biais d'une république plurinationale.

La deuxième section aborde le thème de la réforme démocratique, en mettant l'accent sur la nécessité d'une représentation proportionnelle, l'abaissement de l'âge de voter, et l'autonomisation des systèmes de prise de décision locale.

La troisième section se concentre sur le vaste sujet de la justice, en parlant des inégalités systémiques dans le système judiciaire, de l'abolition des forces de police, de la transition vers un modèle de justice réparatrice ainsi que de l'abolition du système carcéral actuel et de la réévaluation des lois qui punissent les Canadiens pour les crimes sans victime.

La quatrième section couvre le sujet de la santé à travers le pays. Nous croyons que nous devons considérer la santé de tous les résidents de manière holistique, y compris la santé mentale, physique, préventive et écologique, et fournir des ressources adéquates pour promouvoir la santé complète. Cette section traite également de la rationalisation des données sur les soins de santé, des inégalités dans les soins de santé et de la crise climatique en tant qu'urgence médicale.

La cinquième section traite de la nécessité de créer des communautés viables à partir de politiques sociales compatissantes. La section aborde les questions du logement, du transport et des projets énergétiques communautaires.

La sixième section évoque la nécessité impérieuse de repenser notre modèle économique et de le faire évoluer vers une économie circulaire, en évoquant des idées telles que l'allégement des petites entreprises, la création d'un système fiscal équitable, et la garantie d'un revenu viable à tous.

La septième section se penche sur l'avenir de la technologie et affirme la nécessité du droit à la vie privée, de la création de réglementations et de lignes directrices nationales pour les médias sociaux et d'autres industries technologiques, en abordant le nouveau et unique défi de l'intelligence artificielle, et la nécessité de garantir un accès égal à tous. 

La huitième section poursuit notre regard sur l'avenir en mettant l'accent sur le travail. Elle aborde les thèmes de la formation professionnelle et du soutien aux travailleurs dans les transitions industrielles, des droits du travail, des droits des étudiants et de la garantie d'un équilibre durable entre vie professionnelle et vie privée. 

La neuvième section, intitulée Résilience, souligne la nécessité de créer des communautés résilientes dans tout le pays. Les sections portent sur la sécurité alimentaire, l'agriculture, la sécurité de l'eau et la préparation aux situations d'urgence. 

La dixième section met l'accent non plus sur les personnes, les institutions et la technologie, mais sur la nature et sur notre besoin toujours croissant de la préserver et de la protéger. Cette section, intitulée Ré-ensauvagement, aborde les thèmes de la conservation, de la biodiversité, de la gestion des terres et des droits de la nature.

La onzième section traite des vulnérabilités nationales par le biais du renforcement de nos capacités d'urgence nationales, de la réforme de notre armée et de la lutte contre les menaces qui pèsent sur les communautés du Nord. 

Enfin, la douzième section traite de notre rôle dans la sphère internationale. Nous y abordons le rôle du Canada dans l'OTAN, le rôle du Canada dans le maintien de la paix des Nations unies, la libéralisation de l'immigration et la restructuration de nos programmes de réinstallation des réfugiés.

Notre Philosophie politique

Nous sommes confrontés à une vague de crises politiques, économiques, sociales et écologiques sans précédent, crises qui ont ébranlé la confiance du public dans nos institutions nationales et internationales. De l'urgence climatique à l'aggravation des inégalités socioéconomiques et à la menace du déplacement technologique, alors que l'establishment politique ne parvient pas à répondre d’une politique juste, crédible et proactive, les politiques progressistes des partis politiques verts du monde entier font irruption dans le courant dominant. Et à juste titre - nous sommes les seuls partis à réclamer des changements fondamentaux et transformateurs du système pour ainsi faire face à ces crises de manière à nous préparer à une société juste et durable.

Guidé par nos valeurs fondamentales, le Parti vert reflète principalement un ensemble de politiques justes, crédibles et proactives depuis sa création au début des années 1980, et, sur ces questions, les Canadiens commencent à accorder plus d'attention à notre leadership national. À l'aube des années 2020, nous devons réaffirmer et réinventer ce que tout cela signifie pour notre pays par le biais de nouveaux engagements et de politiques innovantes.

Tous ces engagements de campagne sont envisagés sous l’angle des trois piliers: justice, crédibilité et disponibilité opérationnelle. Nous les comprenons comme:

Justice: en tant que colonisateurs, nous devons assumer la responsabilité de notre impact sur l'air, la terre et l'eau, et sur tous ses habitants passés, présents et futurs. Nous devons reconnaître que toute notre structure de gouvernement est coloniale, y compris toutes les parties qui existent en son sein. Notre objectif est clair: l'équité et la justice pour tous, mais les solutions pour y parvenir ne peuvent être prescrites. La justice comprend: la décolonisation, la justice sociale et la justice environnementale.

Crédibilité: un avenir véritablement juste, équitable et durable pour tous ne peut être obtenu que par l'écoute de preuves issues d'une véritable science. Nous devons commencer à voir la Terre dans son ensemble et travailler collectivement à des solutions pour un monde au-delà de notre arrière-cour. Le processus doit être honnête, participatif et fondé sur des principes.

Préparation: notre survie exige d'être préparé pour l'avenir: les crises et l’innovation. Nous devons apprendre des traumatismes passés si nous voulons devenir résilients face aux calamités futures. Nous devons rejeter l'incrémentalisme et saisir l'opportunité du changement. Cela signifie une prise de conscience de la technologie, des personnes et de la planète.

Nous respectons profondément le processus politique de la base verte et dirigé par les membres, et souhaitons simplement le renforcer. En tant que leader, Amita Kuttner représenterait non seulement les membres et la politique dirigée par les membres, mais également une direction de pensée et une vision de notre avenir centrées sur nos piliers et nos valeurs de campagne.

Pour être crédibles, robustes et respectables, toutes les idées politiques doivent passer par une évaluation factuelle, dans laquelle nous sommes disposés à mettre de côté les opinions et à agir sur ce qui est connu. Mais nous devons également reconnaître que la science, les preuves et les données nous montrent beaucoup de choses et reconnaître qu'elles peuvent être appliquées de nombreuses façons; simplement énoncer des preuves, ou parler d'une politique fondée sur des preuves sans énoncer ses hypothèses et intentions n'est pas seulement dénué de sens, il est préjudiciable.

Les politiques de notre plate-forme seront des recadrages des plates-formes électorales passées du Parti vert basées sur les politiques soumises par les membres, ainsi que de nouvelles idées et propositions de politiques provenant des membres que nous aimerions défendre. Nous avons tenté de saisir les intentions et les objectifs de ces propositions de politiques et d'utiliser des recherches pertinentes pour identifier les meilleurs moyens de les réaliser, tout en énonçant clairement nos hypothèses et nos intentions.

Notre plate-forme sera un exemple de ce à quoi peut ressembler une politique fondée sur des valeurs et fondée sur des preuves.

Les valeurs fondamentales du Parti vert sont plus que de simples concepts à respecter, elles sont qui nous sommes et devraient être le fondement de notre travail politique ainsi que de nos objectifs. Ils sont issus du mouvement Global Green, dont nous faisons partie. Elles sont: la non-violence, la durabilité, la justice sociale, la sagesse écologique, la démocratie participative et le respect de la diversité. Nous allons distiller ces six valeurs fondamentales à travers notre processus politique.

La première section

S'engager dans la mission de la décolonisation

Introduction

Le Canada est un État colonial formé sur la base d’un génocide culturel et littéral des peuples Autochtones de l'île de la Tortue. Le génocide des peuples Autochtones se poursuit aujourd'hui sur cette terre que nous appelons le Canada par: l'utilisation de la violence et de la force contre les protecteurs des terres et des eaux par la GRC, le manque d'accès à l'eau potable dans les réserves et les autres communautés Autochtones, le grand nombre de personnes Autochtones disparus et assassinés qui ne sont pas l'objet d'une enquête, la surreprésentation des peuples Autochtones dans les populations incarcérées, le manque d'accès à des soins de santé adéquats et le manque d'accès aux équipements de base comme les épiceries, les banques et les hôpitaux. De plus, l'État colonial du Canada continue de construire de grands projets énergétiques destructeurs sur le territoire Autochtone sans consultation adéquate des communautés concernées ni prise en compte des impacts sur leur santé et leur bien-être. Nous nous engageons à mettre fin au génocide continu des peuples Autochtones et à travailler avec les dirigeants Autochtones de tout le pays pour décoloniser.

À l'écoute des voix Autochtones

Il est essentiel, dans le cadre de la mission de décolonisation, de tenir compte des recommandations, des besoins et de la sagesse des communautés et des dirigeants Autochtones. La voie à suivre est d'écouter et de suivre. Nous nous engageons à travailler avec les communautés Autochtones pour mettre en œuvre tous les appels à l'action de la Commission de Vérité et Réconciliation, le rapport sur les femmes, les filles, les gens trans et bispirituels Autochtones disparus et assassinés, et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples Autochtones (DNUDPA).

Fournir des ressources

De nombreuses personnes Autochtones, qu'elles vivent dans les réserves ou hors des réserves, sont soumis à des conditions de vie dangereuses. Leur vulnérabilité aux risques sanitaires ne fera que s'accroître face au changements climatiques, car ils sont souvent en première ligne pour protéger les terres contre les projets énergétiques destructeurs, et sont plus susceptibles d'être fortement touchés par les phénomènes météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques. Nous nous sommes engagés à fournir des ressources aux communautés Autochtones pour accroître leur résilience aux changements climatiques, notamment l’accès universel à l'eau potable, des soins de santé supplémentaires et des ressources pour planifier l'adaptation aux changement climatiques. Bien que nous nous concentrions principalement sur les aspects négatifs des grands projets énergétiques, nous n'avons pas oublié qu'ils offrent trop souvent la seule possibilité d'emploi rémunéré pour les gens Autochtones. L'une des clés pour lutter contre le caractère destructeur de ces projets sera de comprendre le rôle que joue le racisme et de relever le défi avec des industries nouvelles et innovantes pour remplacer la perte des possibilités d'emploi.

S'engager dans la coopération de nation à nation par le biais d'une République parlementaire plurinationale

Les platitudes vides et les excuses du gouvernement ne suffisent pas. La décolonisation exige une réforme institutionnelle en profondeur. Tout d'abord, nous nous engageons à travailler avec les nations Autochtones pour établir un véritable partenariat plurinational fondé sur le respect mutuel en honorant les traités existants et en reconnaissant leur rôle de gardiens des terres non cédées. Avec la reconnaissance constitutionnelle du Canada en tant qu'État plurinational et l'autonomisation des peuples Autochtones sur leurs terres, ce partenariat peut commencer à progresser. Deuxièmement, nous devons reconnaître l'héritage colonial de l'Empire britannique, en mettant fin aux liens coloniaux avec le Commonwealth britannique et en effectuant la transition vers une république parlementaire (bien qu'une réforme importante soit nécessaire dans cette institution politique pour inclure une plus grande représentation des gens Autochtones). Plus important encore, les véritables efforts de décolonisation requièrent de l'humilité et l'écoute des voix Autochtones afin de définir la mission de la décolonisation selon leurs termes, et non les nôtres.

Recommandations politiques

  1. Mettre en œuvre tous les appels à l'action de la Commission Vérité et Réconciliation, le rapport sur les femmes et les filles Autochtones disparues et assassinées (et les gens 2SLGBTQ+), et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples Autochtones. 
  2. Mobiliser les ressources gouvernementales pour construire des infrastructures garantissant l'accès universel à l'eau potable pour toutes les communautés dans le cadre de notre premier mandat.
  3. Assurer la transition vers un partenariat de nation à nation dans le cadre d'une république parlementaire plurinationale.

La deuxième section

Adopter une réforme politique audacieuse

Introduction

En 2020, seulement 50% des Canadiens ont maintenu leur confiance dans les institutions politiques de notre pays. Une grande partie de ce déclin récent s'explique par le fait que la population en général se sent injustement exclue du processus décisionnel public, ce qui a un impact disproportionné sur des communautés racialisées souvent non représentées. Nous pensons que le système politique actuel ne parvient pas à représenter la voix des citoyens et qu'il doit faire l'objet d'une réforme démocratique audacieuse pour redonner vie à cette confiance publique perdue. Pour nous, notre démocratie doit être beaucoup plus participative, ce qui peut être réalisé en élargissant considérablement la représentation politique et en décentralisant les processus décisionnels vers les communautés locales. Nos politiques répondent à cette nécessité.

Représentation proportionnelle

Nous nous consacrons à la conception et à la mise en œuvre d'un système électoral de représentation proportionnelle par l'établissement d'assemblées de citoyens. Bien qu'il existe une variété de systèmes de représentation proportionnelle à travers le monde, notre campagne est surtout intéressée par l'exploration de deux systèmes principaux : Le scrutin proportionnel mixte et le vote unique transférable. Outre les nombreux avantages qu'ils présentent pour la vie politique, économique et sociale, ces deux modèles répondent à nos intentions:

  • Créer un système politique plus juste qui reflète la nature pluraliste des citoyens canadiens 
  • Préserver la nécessité de la représentation géographique
  • Produire un système politique plus collaboratif qui repose sur un consensus efficace.

Abaisser l'âge du vote

Les jeunes Canadiens ont un intérêt direct dans l'engagement politique, mais sont souvent exclus par une politique de vote qui relègue arbitrairement la participation à ceux qui ont 18 ans ou plus. Compte tenu de la pertinence de la prise des décisions politiques et de la prévalence d'une participation électorale plus faible chez les jeunes, l'extension du suffrage peut renforcer la légitimité démocratique de notre nation grâce à un plus grand engagement civique des jeunes.

Renforcer le pouvoir de décision au niveau local

Nous nous engageons à la reconnaissance des gouvernements locales en tant qu'ordre de gouvernement dont la compétence législative est protégée par la Constitution. Les décisions prises par les gouvernements locaux sont souvent les plus pertinentes pour la vie des citoyens, mais elles sont reléguées au rang de « créatures des provinces », indignes du même respect que celui accordé aux gouvernements fédéral et provinciaux. La poursuite des amendements constitutionnels qui réforment les relations entre les différents niveaux de gouvernement est nécessaire pour établir une plus grande décentralisation politique afin de permettre aux communautés locales de résoudre les problèmes locaux avec des solutions locales. Cela nécessite intrinsèquement une protection constitutionnelle pour la prise de décision locale.

Recommandations politiques

  1. Par le biais des assemblées de citoyens, travailler à la mise en œuvre de la représentation proportionnelle.
  2. Abaisser l'âge du vote à 16 ans.
  3. Reconnaître le gouvernement local comme un ordre de gouvernement protégé par la Constitution.

La troisième section

Réimaginer notre système de justice

Introduction

La justice est un principe central dans la vision du Parti vert du Canada. Notre conceptualisation holistique nous montre clairement que la justice a sa place dans tout ce que nous faisons et que nous devons donner la priorité à l'égalité de traitement pour tous et pour nos écosystèmes. La justice doit donc occuper une place centrale dans toutes nos activités afin de garantir que notre pays soit un lieu de liberté, d'équité et d'absence de toute forme de discrimination. Nous poursuivrons la lutte pour mettre fin aux inégalités dont souffrent tant de personnes, en réimaginant nos lois dépassées et en restructurant notre système de justice pénale.

Défaire les inégalités systémiques

Nous ne croyons pas que les gens soient prédisposés à commettre des crimes, mais nous estimons plutôt que cette société coloniale a été construite pour opprimer les gens sur la base de la race, du sexe, de la classe, de la religion, de l'orientation sexuelle, de la culture et des capacités mentales et physiques. Il est clair pour nous que la pauvreté et sa criminalisation sont le résultat de l'oppression systémique présente au sein de notre société. Nous veillerons à ce que les besoins fondamentaux de chacun, tels que le logement, les revenus, une alimentation saine, l'éducation, l'eau potable et l'air pur, soient satisfaits afin de jeter les bases qui permettront à ces politiques de réussir au maximum de leur potentiel. Les préjugés et les inégalités dans l'accès à la représentation juridique, entre autres facteurs, ont fait qu'une grande partie des populations incarcérées se trouvent là sans que ce soit leur faute, mais à cause du système qui les a laissées tomber à plusieurs reprises. Même notre système d'amendes pour des délits mineurs est incroyablement inégal, car l'impact qu'il a dépend entièrement de la situation financière de chacun. Ce système est intrinsèquement imparfait et oppressif, nous nous sommes engagés à faire en sorte que toutes les politiques et recommandations que nous formulons soient justes pour toutes les personnes vivant sur cette terre.

Abolition de la police

L'héritage historique, la violence d'État contemporaine et la militarisation rampante des forces de police canadiennes, qui ont longtemps porté atteinte à nos précieuses libertés civiles, miné la réconciliation avec les communautés Autochtones et nui à la confiance et à la sécurité du public, doivent être maîtrisés. Comme nous l'avons vu sur le territoire du Wet'suwet'en et à la lumière des récentes protestations contre la brutalité policière au Canada et aux États-Unis, il est devenu de plus en plus évident que les communautés marginalisées continuent à être confrontées à des niveaux disproportionnés de surveillance et d'arrestation par les forces de l'ordre et que la réforme ne peut plus attendre. La police est le reflet de la réalité brutale de la violence coercitive de l'État qui prévaut dans toute nation, mais c'est nous, en tant que société, qui déterminons le niveau de tolérance que nous avons à l'égard de la violence de l'État. À cet égard, nous comprenons la nécessité de réponses armées aux activités criminelles violentes, mais nous pensons que notre statu quo actuel reflète un système qui utilise sans pitié et fréquemment la violence d'État comme stratégie par défaut. Au lieu de cela, nous devrions nous employer à défrayer, démilitariser et finalement démanteler les services de police. Cette transition devrait s'accompagner d'une augmentation du financement des services sociaux, des arts et de la culture, des loisirs et d'une multitude d'investissements axés sur la communauté. Nous devrions mettre davantage l'accent sur une réponse communautaire non violente à la majorité des affaires domestiques, par exemple en faisant appel à des experts supplémentaires en santé mentale. Le cas échéant, un petit contingent d'agents communautaires armés devrait être mis en place pour répondre à la violence criminelle, avec des limites fédérales strictes quant à sa taille et à sa portée. Ce faisant, nous pouvons revigorer la sécurité de la communauté, améliorant ainsi la paix et la sécurité pour tous les habitants de ce pays.

Abolition des prisons et justice réparatrice 

Le système judiciaire de notre pays a un peu progressé au cours des dernières décennies en adoptant certaines options de peines alternatives. Les inégalités systémiques ont conduit à la surreprésentation des peuples Noirs et Autochtones dans notre système carcéral, qui représentent respectivement 8% et 30% de la population carcérale totale. Une fois libérés, l'accès réduit au logement, à l'emploi et aux possibilités d'éducation en raison de leurs antécédents criminels, ainsi que la rigidité et le volume même des restrictions imposées aux libérations conditionnelles, font qu'il est exceptionnellement difficile de rester en dehors du système. Ceux qui n'ont pas les moyens de payer une caution sont détenus jusqu'à la date de leur procès, tout en subissant des pressions pour plaider coupable d'un crime qu'ils n'ont peut-être pas commis. Il est évident que, le plus souvent, la situation de ceux qui passent par nos prisons est aggravée plutôt qu'améliorée lors de leur libération. L'accent excessif mis sur les peines punitives et le système de libération conditionnelle sont déshumanisants et ne sont pas véritablement conçus dans un but de réhabilitation. Les programmes actuels de justice réparatrice sont totalement insuffisants. Pour aller de l'avant, nous devons adopter un point de vue plus inclusif et plus compatissant afin de considérer les questions judiciaires qui cherchent à traiter véritablement l'activité criminelle d'une manière plus complète pour refléter les besoins plus larges des parties concernées et de leurs communautés. En adoptant un modèle de justice réparatrice similaire à celui de nombreux pays nordiques (comme le Danemark) comme pratique standard, notre besoin de prisons sera finalement réduit à des niveaux minimaux, n'étant utilisées que pour les criminels violents graves qui présentent une menace directe pour la société en général. En outre, nos prisons doivent refléter les convictions humanitaires de notre nation et traiter les prisonniers avec compassion.

Décriminalisation des délits sans victimes

Nos prisons sont de plus en plus peuplées de délinquants criminels sans victimes. Le travail du sexe, les délits liés à les drogues, les migrations clandestines, l'obscénité et l'ivresse publique sont autant d'exemples de crimes sans victimes qui ne nécessitent pas et ne devraient pas faire l'objet d'accusations pénales. Nous devrons changer fondamentalement notre conception de la justice et réécrire les lois pour répondre à l'évolution de nos valeurs sociales. En décriminalisant des domaines tels que la consommation des drogues et le travail du sexe, nous pouvons déplacer l'accent de la punition à la sécurité publique, en n'incarcérant que ceux qui représentent un risque direct pour le public.

Recommandations politiques

  1. Système d'amendes (financières et/ou de service public) graduées en fonction des jours de vie perturbés et de la capacité fiscale.
  2. Dé-financement de la GRC, et mandater le dé-financement des forces de police.
  3. Mettre en œuvre une justice basée sur le rétablissement, en abolissant à terme les prisons. 
  4. Décriminaliser la consommation des drogues et le travail du sexe.

La quatrième section

Santé compréhensif

Introduction

La santé est au coeur de nos préoccupations, d'autant plus que la pandémie du COVID-19 a mis en lumière les inégalités, le sous-financement et les lacunes de notre système de santé. Nous reconnaissons que la santé doit être considérée de manière holistique, en incluant la santé mentale, la santé physique, la santé préventive et en veillant à ce que l'accès aux soins de santé soit équitable et facile.

La santé mentale

La santé mentale se détériore dans tout le pays, en particulier chez les jeunes face au chagrin climatique et à la pandémie mondiale actuelle. La majorité des maladies mentales se déclarent pendant l'enfance ou l'adolescence, et le nombre de cas de maladie mentale est beaucoup plus élevé dans les populations de jeunes marginalisés. De nombreuses autres communautés ont également du mal à recevoir des soins de santé mentale adéquats, notamment les anciens combattants, les Noirs, les peuples Autochtones, les personnes 2SLGBTQ+ et les personnes handicapées. Nous reconnaissons que de nombreuses pressions sur la santé mentale sont le résultat de conditions de vie dangereuses, d'un accès inadéquat à un logement convenable, de conditions de travail dangereuses, de salaires invivables et de discrimination. En nous engageant à créer un programme national de santé mentale pour accroître l'accès aux soins, en particulier pour les groupes marginalisés, nous continuerons à œuvrer pour une société juste et équitable afin de réduire ces facteurs de stress.

La santé préventive

Les maladies chroniques sont l'une des principales causes de mortalité chez les Canadiens et mettent à rude épreuve les systèmes de santé. L'une des méthodes les plus importantes pour prévenir l'apparition de maladies chroniques et améliorer la santé physique et mentale générale, est l'augmentation de l'activité physique. Seuls 16% des Canadiens pratiquent les 150 minutes d'activité physique modérée à vigoureuse recommandées par semaine. Nous reconnaissons toutefois que l'accès à un mode de vie physiquement actif est inéquitable; un faible niveau d'activité physique est fortement corrélé aux pressions sociales, aux longues journées de travail, aux responsabilités familiales et à l'accès insuffisant à des environnements appropriés pour les loisirs et les transports actifs. Nous soutenons la création de communautés plus actives physiquement dans toutes les régions du pays. Un quartier hypothétique propice à l'activité physique aurait des espaces verts bien entretenus, des sentiers, des parcs, des centres de loisirs, des gymnases, des équipements accessibles, des infrastructures pour les vélos et des programmes sociaux encourageant des activités physiques culturellement pertinentes.

Rationalisation des données sur les soins de santé

Il est extrêmement difficile pour les patients d'accéder à leur dossier médical dans notre système de santé actuel, ce qui crée des obstacles pour les patients qui défendent leurs intérêts lorsqu'ils se déplacent d'une province à l'autre et lorsqu'ils cherchent des soins de santé appropriés. Cette situation touche également les personnes qui n'ont pas accès à un médecin de famille ou qui sont autrement mal desservies par le système de santé, notamment les patients Noirs, Autochtones et 2SLGBTQ+, ainsi que les personnes handicapées. Une grande partie de la population n'a pas de médecin de famille et risque de ne pas recevoir les soins appropriés sans un accès plus facile à leur dossier médical. Nous plaiderons en faveur de la rationalisation des données relatives aux soins de santé afin que les patients puissent accéder à leur dossier médical et bénéficier plus facilement des traitements.

Inégalités dans les soins de santé

Bien que ce pays soit souvent révéré pour son système de santé, de nombreuses personnes n'y ont toujours pas accès. Nombre de ces problèmes peuvent être résolus en améliorant l'accès aux soins de santé et en fournissant aux professionnels de la santé la formation et les ressources nécessaires. En particulier: 

  • Les communautés Noires et les communautés Autochtones ont souvent un accès plus limité aux soins de santé, une qualité de soins inférieure, aucun accès à des soins culturellement adaptés et une incidence plus élevée de maladies chroniques comme l'asthme et le cancer;
  • Les patients 2SLGBTQ+ ne reçoivent souvent pas de traitement approprié. De nombreux travailleurs de la santé ne disposent pas de ressources suffisantes pour traiter les patients 2SLGBTQ+ ou d'une formation adéquate pour fournir les soins appropriés. Les stigmates entourant les structures familiales 2SLGBTQ+ et les maladies courantes créent des obstacles dans les établissements de santé;
  • Les anciens combattants sont souvent laissés sans traitement approprié pour le SSPT, d'autres maladies mentales ou des blessures physiques subies en raison de leur service militaire;
  • Les victimes d'abus domestiques et sexuels ne sont souvent pas prises au sérieux et doivent bénéficier d'une protection et de soins appropriés; 
  • Les personnes handicapées ne bénéficient pas d'une protection fédérale de leurs droits, ce qui doit être corrigé;
  • Les foyers de soins de longue durée doivent être publics, avec une norme nationale de soins et de gestion pour les résidents. La pandémie du COVID-19 a montré que la privatisation des foyers de soins de longue durée peut conduire à des situations désastreuses;
  • Les migrants méritent d'avoir accès à notre système de soins de santé. Il est injuste de ne pas fournir ces services, étant donné notre dépendance à l'égard des travailleurs migrants dans de nombreuses industries. De même, les obstacles à la recherche de soins de santé doivent également être levés pour les immigrants et les réfugiés; 
  • La fatphobie doit être éliminée des pratiques de soins de santé. Les professionnels de la santé ont souvent des préjugés à l'égard des personnes plus lourdes, qui ne reçoivent souvent pas les soins adéquats ou sont supposées être en mauvaise santé en raison de leur poids.

Enfin, dans de nombreuses régions, il y a une pénurie de médecins et des listes d'attente massives pour les médecins de famille, tandis que de nombreux immigrants ayant une formation médicale sont empêchés d'exercer. Ces problèmes peuvent être résolus grâce à un système simplifié de certification des professionnels de la santé formés à l'étranger.

La crise climatique est une urgence de santé publique

Les climatologues et épidémiologistes de renom sont convaincus que la crise climatique et l'exploitation de la planète auront des conséquences directes sur la santé et que de futures pandémies similaires et pires que celle à laquelle nous sommes confrontés actuellement. La santé des humains est directement liée à la santé de la planète. Pour promouvoir une santé holistique, nous devons agir sur le changement climatique, tenir compte des recommandations des scientifiques et appliquer des solutions fondées sur l'évidence. Tout en atténuant les changements climatiques, nous devons également aider les communautés à s'adapter aux conséquences actuelles et futures, en particulier les communautés Autochtones, les communautés Noires, les jeunes, les communautés côtières et les réfugiés climatiques.

Recommandations politiques

  1. Mettre en œuvre une stratégie nationale de santé mentale comprenant l'accès universel aux soins de santé mentale, en garantissant des ressources adéquates aux communautés qui en ont le plus besoin.
  2. Créer une norme nationale de pratique pour les foyers de soins de longue durée, et transférer les foyers de soins de longue durée dans le domaine public. 
  3. Créer un programme national de formation pour les travailleurs de la santé qui rationalise les données sur la santé dans les provinces et améliore les ressources et l'accès équitable à un traitement qui tient compte des expériences des personnes, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur race et de leur culture. 
  4. Créer un plan de soins de santé qui reconnaisse notre lien avec la santé de la planète, améliore l'accès aux soins de santé et aide les communautés à s'adapter aux changement climatiques.

La cinquième section

Des communautés vivables et une politique sociale compatissante

Introduction

Pour promouvoir la santé, le bien-être, la durabilité et la stabilité économique de la société, nous devons améliorer la qualité de vie des communautés dans tout le pays. Cela signifie qu'il faut veiller à ce que les résidents du Canada aient les moyens non seulement de survivre, mais aussi de prospérer et de répondre à des menaces comme les changements climatiques. Nous pensons également que cela signifie qu'il faut raviver les communautés locales et renforcer les liens entre voisins afin que nous puissions travailler collectivement à un meilleur avenir pour les générations à venir.

Logement

Le logement doit être reconnu comme un droit humain fondamental. Dans tout le pays, les coûts de location et de logement sont beaucoup plus élevés que les revenus moyens et ils continuent d'augmenter rapidement. Ces coûts croissants font des logements sûrs, de qualité et abordables un luxe rare, laissant beaucoup de personnes dans des conditions de vie précaires avec des propriétaires qui en profitent ou se retrouvent sans abri. Ce problème est particulièrement important en ce qui concerne les logements dans les réserves Autochtones, qui sont souvent délabrés, dangereux et nécessitent des réparations importantes. En outre, les propriétaires font souvent preuve de discrimination à l'égard des locataires Noirs, Autochtones et 2SLGBTQ+ (ce qui se traduit par un taux disproportionné de sans-abrisme). Dans le domaine du logement, l'accent est actuellement mis sur le développement de communautés tentaculaires, inabordables, inaccessibles et non durables à la périphérie des grandes villes. Nous nous sommes engagés à fournir davantage de logements abordables et à investir dans des coopératives de logement dans tout le pays. Nous travaillerons à la non-marchandisation du logement.

Transport

Le transport à travers le pays est coûteux, polluant et lent. Nous devons passer à un modèle de transport plus durable, plus accessible et plus efficace pour réduire les émissions de dioxyde de carbone, assurer un accès facile même aux communautés les plus rurales et réduire le coût des déplacements domestique. Dans les zones urbaines, il est essentiel de mettre en place des transports publics gratuits et électrifiés, de reconnecter les communautés isolées auparavant desservies par des bus publics interurbains et de redynamiser le transport ferroviaire grâce à une variété de modalités adaptées à chaque région.

Énergie communautaire

La majeure partie de l'énergie dans le pays est gérée par des entreprises privées ou semi-publiques qui ne profitent pas aux communautés locales. Nous assurerions davantage d'investissements dans les énergies renouvelables détenues par les communautés et les coopératives, ce qui créerait des emplois, améliorerait l'adaptabilité, la résilience et la sécurité énergétique, en particulier dans les zones rurales. Nous ne pouvons pas dicter un ensemble de sources d'énergie pour l'ensemble du pays, mais nous préconisons plutôt la création de systèmes énergétiques qui soient les plus judicieux pour les régions en question. Pour garantir l'efficacité et la fiabilité, nous espérons connecter des micro-réseaux au niveau communautaire à un système transfrontalier à grande échelle. Il est impératif que nous augmentions nos investissements dans les projets locaux d'énergie renouvelable, en particulier au niveau communautaire pour investir directement dans les Canadiens. Des stratégies telles que la fin de notre dépendance au pétrole étranger garantiraient que nos ressources sont exploitées de manière éthique et durable, et le développement d'un réseau national d'énergie renouvelable d'un océan à l'autre continuerait à nous propulser vers une économie verte. 

Recommandations politiques

  1. Mettre en œuvre une stratégie nationale de logement abordable qui donne la priorité à l'élimination du sans-abrisme.
  2. Revitaliser les systèmes de transport nationaux et municipaux afin qu'ils soient plus accessibles, plus efficaces, plus rapides et plus durables. 
  3. Fournir des incitations nationales pour les projets communautaires localisés comme les fermes urbaines, l'énergie communautaire et les projets d'adaptation ou d'atténuation du climat.

La sixième section

Transition vers une économie locale, juste et circulaire

Introduction

Les indicateurs économiques, tels que le PIB, reflètent le manque de priorité accordée au bien-être collectif et au développement durable. Pour cette raison, parmi beaucoup d'autres, notre système économique n'est pas orienté vers l'un ou l'autre de ces objectifs, ce qui permet d'exploiter à la fois nos populations et notre planète. Actuellement, nombre de nos industries nuisent à la santé et au bien-être des personnes et à l'environnement dans le monde entier et, à ce titre, nous avons l'obligation d'explorer des moyens nouveaux et innovants pour nous aider à évoluer vers un modèle économique circulaire. Notre vision d'un avenir meilleur exige que notre économie soit juste, durable et localisée.

Aide aux petites entreprises

Les petites entreprises sont au cœur de nos économies locales, et nous voulons leur donner les moyens de fonctionner de manière véritablement locale et durable. Nous voulons éliminer la pression de la « croissance sans fin » sur les petites entreprises. Si nous voulons construire une économie véritablement circulaire au Canada, nous devons penser différemment en termes de ce que signifie la réussite dans les affaires. Par le biais d'allégements fiscaux, de subventions et d'aides, nous voulons encourager et récompenser les entreprises qui s'engagent à devenir neutres en carbone, sans déchets et justes sur le plan économique et environnemental.

Un système d'imposition équitable

Dans une économie verte, chacun contribue à sa juste part au bien-être collectif. Aujourd'hui, l'écart croissant entre les riches et les pauvres indique que quelque chose ne va pas, et notre système fiscal reflète cette disparité. Bien souvent, les Canadiens les plus riches bénéficient d'allégements fiscaux lucratifs et de subventions aux grandes entreprises, mais parviennent à éviter de payer leur juste part en cachant l'argent dans des paradis fiscaux aisés. Afin de mettre en place un système fiscal plus équitable, nous devons poursuivre les Canadiens riches qui utilisent les paradis fiscaux, mettre fin aux allégements fiscaux qui profitent de manière disproportionnée aux plus aisés et mettre fin aux subventions aux grandes entreprises. En outre, nous devons mettre en place un plafond de richesse élevé, avec des taux marginaux d'imposition élevés pour les personnes à hauts revenus. Nous devons également tenir compte des réalités de l'urgence climatique dans notre système fiscal en mettant en œuvre un modèle de tarification du carbone raisonnablement élevé et socialement juste, neutre sur le plan des recettes, qui reconnaisse à la fois l'action urgente requise pour réduire les émissions de GES et la nature régressive de la plupart des taxes sur le carbone étant donné le fardeau qu'elles font peser sur les personnes qui travaillent de chèque en chèque ainsi que sur les communautés rurales. Notre système fiscal doit être réformé et faire écho à nos convictions fondamentales en matière de justice, d'équité et de durabilité.

Revenu de subsistance garanti

En établissant un programme de revenu de subsistance garanti (RSG), nous pourrions remplacer une partie de l'éventail actuel des soutiens au revenu, telles que l'aide sociale et les suppléments de revenu. Les paiements seraient fixés en fonction d'un niveau de vie spécifique à chaque région du pays. Contrairement aux programmes de soutien du revenu existants, les revenus supplémentaires ne seraient pas récupérés, et les bénéficiaires des programmes existants bénéficieraient d'une plus grande stabilité. Ceux qui gagnent plus d'un certain revenu total paieraient le RSG en impôts, donc le coût n'augmenterait pas de manière significative. Le développement de notre programme RSG serait axé sur la justice et l'équité. Nous comprenons qu'un RSG n'est pas la solution à toutes nos préoccupations, mais plutôt un tremplin et une précaution de sécurité nécessaire dans le cadre de la transition vers une économie démocratisée.

Recommandations politiques

  1. Introduire un nouveau régime de taxe sur le carbone, neutre sur les recettes. Restructurer notre code des impôts pour supprimer le fardeau imposé sur le citoyen moyen et les petites entreprises.  
  2. Mettre en place un plafond de richesse et de nouvelles tranches d'imposition marginales pour les personnes à hauts revenus.  
  3. Collaborer avec les gouvernements provinciaux pour mettre en place un revenu de subsistance garanti spécifique à la région.

La septième section

L'avenir de la technologie

Introduction

La technologie est un facteur majeur dans toutes nos vies. Elle nous aide à communiquer les uns avec les autres, à mieux comprendre le monde et à lutter contre certains de nos plus grands défis collectifs, comme la crise climatique. Cependant, nous comprenons également que nous devons évaluer et atténuer tout risque découlant de ces domaines afin de garantir que la technologie est utilisée pour atteindre l'équité et la justice. Il est également essentiel de veiller à ce que tous les Canadiens aient un accès égal aux communications et aux autres technologies. Nous devons donc nous tourner vers l'avenir pour évaluer l'évolution de nos besoins et veiller à ce que des technologies nouvelles et innovantes soient créées dans le but de lutter contre les crises, à ce que les données privées soient protégées et à ce que les libertés civiles soient défendues.

Le droit à la vie privée et utilisation éthique des technologies

Le droit à la vie privée est au cœur de toute démocratie libérale qui fonctionne et, à mesure que nos capacités technologiques en constante évolution se développent, le risque de perdre ce droit augmente. De l'espionnage par le SCRS des groupes de défense des droits des Autochtones aux géants technologiques qui manipulent négligemment des données privées, cette menace pour nos libertés civiles est très répandue. Bien que ces problèmes existent, nous comprenons la nécessité d'utiliser les données pour améliorer notre société, que ce soit pour lutter contre les changements climatiques ou pour planifier nos quartiers. Dans un effort pour équilibrer ces préoccupations, nous préconisons la création d'une agence de régulation indépendante et dirigée par des experts, chargée d'élaborer des lignes directrices à l'intention des gouvernements et des entreprises. Ce régime réglementaire sera axé sur donner la priorité aux libertés civiles, sur l'autonomisation de la propriété personnelle sur les données privées et sur l'établissement d'une responsabilité institutionnelle claire en matière de protection des données privées. En outre, nous consacrerons le droit au cryptage et investirons dans la recherche et le développement de technologies sans fil sécurisées.

L’intelligence artificielle et automatisation

Bien que la prolifération et la sophistication croissantes des technologies de l'IA et d'automatisation ont créé une myriade de possibilités, elles créent également des menaces auxquelles nous n'avons jamais été confrontés auparavant. Nous devons veiller à ce que nos valeurs trouvent un écho dans l'utilisation et le développement de ces technologies et des systèmes qui les régulent. Actuellement, il n'existe aucune réglementation pour cette industrie, et nous pensons que cela doit changer, et a la possibilité de renforcer l'industrie en lui donnant de la crédibilité. Notre objectif est de pousser l'industrie à créer des technologies d'IA dans le but de la durabilité, de renforcer la résilience des communautés et de faciliter notre préparation aux situations d'urgence. L'autre préoccupation avec l'IA et l'automatisation est la perte à grande échelle d'emplois comme nous le savons, dans de nombreux secteurs. Il existe un certain nombre de solutions à ce problème, notamment l'investissement dans les secteurs d'emploi en croissance, le financement de programmes de formation, le suivi des tendances de l'emploi et la garantie d'un soutien financier pendant la transition de carrière.

Égalité d'accès

La fermeture des écoles et des bureaux provoquée par la pandémie du COVID-19 a exacerbé les inégalités déjà importantes qui existent en matière d'accès à la technologie. Il est possible de réduire cette fracture numérique en garantissant à tous un accès égal à un internet mobile et domestique abordable, fiable et rapide. Nous allons également progresser vers la création d'une législation garantissant aux consommateurs le droit de réparer et de contrôler leurs appareils électroniques.

Recommandations politiques

  1. Inscrire les droits relatifs aux données et à la vie privée dans la législation canadienne, tout en tenant le gouvernement et les entreprises responsables de la surveillance illégale. 
  2. Créer une stratégie nationale proactive pour répondre au développement de l'intelligence artificielle, y compris un organisme de réglementation distinct. 
  3. Développer l'accessibilité numérique en garantissant le droit à la réparation, ainsi qu'en classant l'accès à l'internet comme une nécessité de base.

La huitième section

Le travail au XXIe siècle

Introduction

Each and every person is essential to the progress and prosperity of our country. Yet, many of our major industries are lending to the combining forces of our current environmental and ecological crisis, whilst damaging the health of everyone, and infringing on the rights of Indigenous peoples. In response, we are committed to studying a variety of economic directions to determine where our future efforts would be most beneficial to the country as a whole as well as supporting everyone directly throughout their transitions to new industries, guaranteeing access to education, and enshrining their labour rights into law.

Formation professionnelle et transition vers l'industrie

Avec la menace croissante de la crise climatique mondiale et les pertes d'emplois dues aux déplacements technologiques, il est clair que notre mode de vie actuel n'est pas durable. Nous devons investir directement dans les personnes par le biais de services de formation et de transition de carrière, d'un accès égal et abordable à l'éducation, et en mettant davantage l'accent sur la recherche afin de garantir que toutes les politiques futures reposent sur des informations scientifiques authentiques et fiables. Pour ce faire, nous nous engageons à faire en sorte que les frais de scolarité soient gratuits dans tous les établissements postsecondaires et les programmes de formation, et que les dettes des étudiants soient annulées.

Droits du travail

Nous avons longtemps lutté pour obtenir des droits du travail garantis; nous voulons poursuivre ce combat au XXIe siècle. Nous nous sommes engagés à créer une commission fédérale des salaires qui travaillera avec les provinces pour garantir un salaire décent adapté à chaque région, à étendre les droits des travailleurs syndiqués à tous les travailleurs et à faire pression pour que notre Charte soit modifiée afin d'y inclure les droits des travailleurs. Cela doit inclure les droits à la négociation collective, à la sécurité sur le lieu de travail et à la protection contre les licenciements abusifs. Nous devons veiller à ce que les travailleurs migrants et les étudiants étrangers bénéficient des mêmes droits du travail que les autres.

L'équilibre entre vie professionnelle et vie privée 

On rapporte qu'une personne sur quatre dans ce pays a quitté un emploi en raison du stress lié au travail. Une partie de notre vision d'une société juste et équitable comprend la capacité de tous les Canadiens à trouver un équilibre durable entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Cet objectif sera atteint en garantissant un salaire décent et en créant un programme national de garde d'enfants pour réduire les dépenses personnelles. Nous nous efforcerons également de raccourcir la semaine de travail afin que chacun puisse profiter de tout ce pour quoi il a travaillé. Nous souhaitons également étendre et exiger la mise en place de congés de maladie payés, ainsi que des vacances.

Recommandations politiques

  1. Investissez dans l'éducation postsecondaire gratuite, les services de transition de carrière et l'annulation de la dette des prêts étudiants.
  2. Modifier la Charte pour inclure les droits des travailleurs.
  3. Réduire la semaine de travail pour assurer un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

La neuvième section

Résilience

Introduction

La résilience se présente dans de nombreux domaines au Canada, de la résilience aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, en passant par approvisionnement en nourriture et en eau, et à nos économies, c'est un domaine important sur lequel il faut se concentrer. En raison des changement climatique, certaines régions du Canada deviendront plus habitables que d'autres, et nous devons répondre à ces menaces en bâtissant des communautés fortes, capables de se reconstruire et de migrer vers des foyers sûrs. La résilience est notre capacité à nous remettre rapidement des problèmes, et nous pensons qu'avec une bonne planification en place, le Canada peut être un endroit incroyablement résilient.   

La sécurité alimentaire 

La sécurité alimentaire est une énorme partie du puzzle de la résilience. Nous avons la chance de pouvoir produire une grande partie de la nourriture dont nous avons besoin, ici dans notre preopre pays. Cependant, bon nombre de nos systèmes alimentaires sont extrêmement précaires, et certaines villes n'ayant que quelques jours d'approvisionnement alimentaire à un moment donné. Il est essentiel de réduire notre dépendance à l'égard des systèmes alimentaires mondiaux pour accroître notre sécurité et notre capacité alimentaires, avec pour objectif ultime d'être autonomes à 100 %. La sécurité alimentaire régionale peut être accrue en développant l'agriculture urbaine et en améliorant les politiques de soutien à l'achat local. La polyculture biologique locale à petite échelle joue également un rôle crucial dans l'atténuation des changements climatiques, la restauration de la santé des sols et la fourniture de moyens de subsistance durables.

Agriculture

Nous devons restructurer nos marchés agricoles en abandonnant l'agriculture industrielle, en subventionnant l'agriculture locale plutôt que les produits agrochimiques industriels et en donnant aux familles d'agriculteurs une part équitable du dollar de consommation alimentaire. Notre sécurité et notre sûreté alimentaires sont directement menacées par l'agro-industrie, car les fermes industrielles entassent les animaux dans des conditions inhumaines et insalubres, créant ainsi le risque de graves menaces pour la santé. De plus, la diversification des cultures, loin des monocultures industrielles, est cruciale pour accroître la résilience des cultures aux perturbations et augmenter la nutrition disponible pour notre consommation.  

Sécurité de l'eau

La surveillance, la protection et la conservation de l'eau douce constituent un défi politique majeur. En tant qu'intendants de 9% des eaux renouvelables de la planète, nous sommes tenus, d'un point de vue éthique, de les conserver pour la génération actuelle et les générations futures. Les eaux souterraines constituent plus de 90% de notre eau douce; cette ressource est exploitée par les activités pétrolières et gazières avec une compréhension minimale des impacts sur les principaux aquifères alimentés par les eaux de surface. Alors que la plupart des citoyens ont accès à une eau salubre, Santé Canada indique que pas moins de 85 communautés Autochtones (relevant de la seule compétence du gouvernement fédéral) font l'objet d'avis d'ébullition de l'eau. À mesure que notre population, nos activités économiques et nos communautés s'accroissent, les problèmes d'eau deviendront de plus en plus fréquents.

Préparation aux situations d'urgence 

Il est essentiel que nous soyons prêts à faire face aux impacts climatiques futurs, en particulier en ce qui concerne la résilience de nos infrastructures et les populations les plus vulnérables. En soutenant et en finançant les municipalités en première ligne, nous pouvons améliorer notre capacité à résister aux effets de la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes. Nous devons également nous préparer à réinstaller les réfugiés climatiques provenant de régions qui deviendront inhabitables en raison des changements climatiques, qu'ils viennent d’ici ou d’ailleurs à travers le monde. Un financement stable et fiable doit être mis en place pour les communautés Autochtones et les autres communautés qui subiront les pires conséquences des changements climatiques, notamment les communautés Noires, les communautés 2SLGBTQ+, les communautés côtières et les communautés rurales.

Recommandations politiques

  1. Réduire la dépendance de toutes les communautés à l'égard des systèmes alimentaires mondiaux, avec l’objectif que le Canada soit 100 % autonome.
  2. Créer une banque nationale de semences pour protéger les espèces indigènes de l'extinction.
  3. Élaborer une stratégie nationale de l'eau qui donne la priorité à l'accès à l'eau potable et à la surveillance des sources d'eau.
  4. Fournir un financement aux gouvernements locaux pour les programmes d'adaptation, d'atténuation et de réponse aux situations d'urgence.

La dixième section

Réensauvagement du Canada

Introduction

Urbanisation, perte de biodiversité, changements climatiques - l'impact humain a indéniablement fait des ravages sur la planète. Ré-ensauvagement signifie ramener des qualités qui ont été perdues, restaurer une zone de terre à son état naturel, et éventuellement réintroduire des espèces qui avaient été chassées ou exterminées. La conservation, bien qu'elle soit importante et utile, est presque comme une « pause »  pour les espèces et les écosystèmes, alors que le ré-ensauvagement met l'accent sur la restauration des espèces sauvages, et de leurs habitats, qui ont été chassés.

Stratégie de conservation

Notre préoccupation et notre protection de l'intégrité naturelle de notre environnement sont essentielles à la ré-ensauvagement de notre nation. Cela signifie qu'il faut mettre fin à la pratique de couper les forêts anciennes, surveiller la santé des sols, assurer la sécurité écologique des populations d'animaux sauvages en danger, sauvegarder les écosystèmes vitaux des zones humides et donner la priorité à la conservation de nos masses d'eau. Tout cela peut être réalisé grâce à des partenariats avec les entreprises, les gouvernements provinciaux et municipaux, ainsi qu'avec les communautés Autochtones. Notre intention est de fournir le plus haut degré raisonnable de conservation et de restauration, car nous comprenons que notre santé et notre survie dépendent du monde naturel et que nous sommes une composante de nos écosystèmes, et non des entités séparées.

Biodiversité

Nous devons respecter nos engagements internationaux en matière de biodiversité. Pour ce faire, nous devons mettre en œuvre les recommandations des scientifiques de la conservation pour une action efficace afin de préserver: 

  • Les habitats gravement menacés
  • Les espèces clés, les espèces menacées et les espèces ayant une valeur commerciale ou culturelle, en particulier celles qui ont une valeur pour les communautés Autochtones
  • Habitats spécifiquement menacés par les changements climatiques
  • Des zones d'habitat interconnectées continues pour des espèces migratrices à large éventail suffisantes pour maintenir des populations viables.

D'autres stratégies consistent à préconiser l'achat de terres privées, si nécessaire, pour aider à protéger les habitats essentiels grâce à des efforts accrus de surveillance et de protection. En outre, nous travaillerons avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour mettre fin à toute chasse au trophée au Canada, tout en soutenant la chasse de subsistance d'animaux sauvages par les populations Autochtones et non Autochtones. Dans tout cela, nous devons rester conscients du fait que les communautés Autochtones sont les gardiens de 85% de la biodiversité mondiale.

Les droits de la nature

Une partie de la sagesse écologique consiste à reconnaître que le monde naturel a des droits inhérents. La nature devrait avoir des droits, et l'un des moyens d'y parvenir est d'accorder des droits légaux aux environnements naturels et aux écologies. Cela renforcerait les efforts de restauration et de protection de toutes les masses d'eau naturelles, et encouragerait le financement de la recherche. À terme, cela devrait inclure l'extension des droits légaux à toutes les espèces animales, en particulier les espèces menacées comme l'orque.

Recommandations politiques

  1. Donner des droits légaux à la nature et aux espèces animales.
  2. Créer et mettre en œuvre un plan de ré-ensauvagement dirigé par les peuples Autochtones qui se concentre sur la conservation des écosystèmes et la préservation de la biodiversité par une approche à double vue, en utilisant à la fois la science occidentale et les connaissances écologiques traditionnelles.
  3. Travailler avec les gouvernements locaux pour étendre les espaces sauvages dans les zones urbaines et résidentielles, et préserver les habitats de l'urbanisation.

La onzième section

Faire face aux vulnérabilités nationales

Introduction

Au cours du XXIe siècle, le Canada est sur le point de subir des crises récurrentes qui mettront nos capacités nationales à rude épreuve de manière unique et difficile. Afin de faire preuve de proactivité et de préparation, nos institutions de sécurité publique doivent recevoir le soutien nécessaire et refléter des réponses mesurées compatibles avec la vie dans une société libre, ouverte et juste. 

Renforcement des capacités d'urgence

Nous sommes déterminés à renforcer notre capacité nationale de préparation aux situations d'urgence. Compte tenu de la série de crises actuelles et futures que traverse le Canada au XXIe siècle, nous devons relever ces défis de manière proactive et travailler à la création d'une nation plus résiliente. Le gouvernement fédéral doit investir davantage dans la recherche publique et privée afin de comprendre la complexité de l'impact de la crise climatique sur notre société et les capacités actuelles des systèmes d'intervention d'urgence pertinents. Comprendre ces complexités aujourd'hui nous permettra de nous préparer et de minimiser les menaces qui se présenteront à l'avenir. Une fois ces complexités sont mieux comprises, elles doivent être communiquées efficacement aux gouvernements provinciaux, territoriaux et locaux afin que des réponses uniques puissent être élaborées. Nous devons également prévoir un financement stable pour les gouvernements provinciaux, territoriaux et locaux afin qu'ils puissent commencer à préparer les mesures nécessaires. L'accent mis sur la confiance du gouvernement fédéral envers les autres niveaux de gouvernement est orienté vers l'autonomisation des réponses ascendantes qui reconnaissent les besoins locaux et régionaux.

La réforme militaire

Nous nous engageons à réformer de la nature et le rôle des Forces armées canadiennes au Canada et dans le monde entier. En écoutant les experts militaires, nous aimerions renforcer les Forces armées canadiennes afin qu'elles puissent répondre à nos préoccupations en matière de défense nationale, d'intervention d'urgence nationale, d'engagements d'aide internationale et de maintien de la paix des Nations Unies. Pour ces raisons, nous aimerions voir l'armée évoluer vers une plus grande polyvalence et une orientation vers une réponse rapide. Tout cela est orienté vers un réalignement général vers des priorités plus humanitaires dans le cadre de notre politique nationale et mondiale. En outre, l'armée canadienne a été chroniquement mal approvisionnée et mal payée, ce qui a entraîné une baisse des taux d'enrôlement par rapport aux décennies précédentes. La priorité devrait être accordée au bien-être des militaires et de leurs familles.

S'attaquer aux vulnérabilités climatiques dans l'Arctique canadien

Déjà affligés par une multitude de vulnérabilités diverses à la sécurité humaine et écologique, les impacts des changements climatiques sont et continueront d'amplifier les conséquences de l'inaction. Pour remédier à cette menace particulière qui pèse sur les communautés de l'Arctique, nous devons investir massivement dans la construction et la modernisation des infrastructures essentielles, des transports, des logements et des réseaux de la chaîne d'approvisionnement. Les gouvernements territoriaux, locaux et Autochtones doivent faire œuvre de pionniers dans ce domaine, avec le soutien total du gouvernement fédéral, afin de trouver des solutions uniques à ces défis complexes.

Recommandations politiques

  1. Renforcer notre capacité nationale de préparation aux situations d'urgence.
  2. Travailler à la réforme des Forces armées canadiennes afin de se concentrer sur les interventions d'urgence et humanitaires.
  3. Mettre en œuvre une stratégie nordique proactive, dirigée par les communautés, pour répondre aux vulnérabilités de la région arctique.

La douzième section

Collaboration internationale pacifique

Introduction

Cette campagne s'engage en faveur d'une collaboration internationale pacifique et juste qui élève la coopération mondiale. Grâce à une participation responsable continue avec les organisations internationales, au soutien des interventions d'urgence multilatérales aux crises planétaires, à la progression de la réputation du Canada en tant que société ouverte et au mouvement vers une plus grande neutralité entre les puissances mondiales pour jouer le rôle d'un « honnête courtier », nous pouvons devenir un leader dans la coopération mondiale. Nous reconnaissons que la coopération mondiale est une nécessité absolue pour faire face aux défis de taille du XXIe siècle et le Canada a un rôle à jouer pour favoriser cette coopération.

Le rôle du Canada au sein de l'OTAN

Nous sommes déterminés à réformer l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord afin de mieux répondre aux menaces dynamiques qui pèsent sur notre communauté mondiale. Lorsque l'OTAN a été créée à la fin des années 1940, elle l'a été dans le but de dissuader l'agression soviétique. Depuis lors, cependant, le monde a radicalement changé dans la nature de ses menaces pour la sécurité, mais dans sa forme actuelle, l'OTAN maintient un profond scepticisme quant aux intentions des intérêts géopolitiques russes. Bien que les activités militaires russes (pour le Canada et la communauté mondiale au sens large) suscitent à juste titre de nombreuses préoccupations, la poursuite de l'escalade du tac au tac n'améliorera en rien la sécurité mondiale. Le Canada doit jouer un rôle de premier plan dans la réforme de l'OTAN afin de jouer un rôle mondial dans la désescalade du renforcement militaire entre l'OTAN et la Russie. L'OTAN devrait plutôt se concentrer sur la lutte contre les changements climatiques et la promotion des droits de l'homme.

Le rôle du Canada dans le maintien de la paix des Nations Unies

Nous sommes déterminés à redynamiser la participation canadienne aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. Au cours des dernières années, malgré le fait que les conflits mondiaux ont continué à s'intensifier (en particulier entre les acteurs non étatiques) et que les changements climatiques est sur le point d'amplifier l'intensité de ces conflits à l'avenir, l'engagement canadien dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies a atteint un niveau historiquement faible en 2018. Bien que les missions de maintien de la paix aient des niveaux d'efficacité variés, basés sur une multitude de facteurs, l'absence d'intervention mondiale a le potentiel élevé d'aggraver largement les menaces aux droits de l'homme et à la sécurité. Nous devons revenir à notre rôle mondial et élargir notre engagement dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies afin de remplir notre responsabilité de résister aux injustices de masse.

Libéralisation de l'immigration

La politique d'immigration canadienne est souvent présentée comme l'expression de notre société ouverte, mais il existe toujours des restrictions à nos frontières et elles sapent nos efforts pour atteindre la prospérité économique, réaliser nos ambitions humanitaires et faire reculer l'héritage colonial de nos frontières nationales. Pour ces raisons, notre campagne est dédiée à la libéralisation des contrôles d'immigration canadiens et à la dépénalisation des migrations sans papiers. D’abord et avant tout, même si nous maintenons une définition réaliste des frontières pour les relations internationales et en respectant les droits et la souveraineté des Autochtones, toute personne devrait être libre d'entrer, de travailler, d'apprendre, de vivre et de quitter le Canada avec le moins de contraintes bureaucratiques possibles. Deuxièmement, nous devrions modifier la Loi sur l'immigration et les réfugiés afin de décriminaliser la migration sans papiers au Canada. La criminalisation de la migration sans papiers oblige les personnes déjà vulnérables à poursuivre des activités risquées pour entrer, à être soumises à l'exploitation par le travail et à perdre des services gouvernementaux essentiels. En fin de compte, nous devons reconnaître l'héritage historique du colonization de l'île de la Tortue en nous orientant vers une politique d'ouverture des frontières décolonisée.

Réinstallation des réfugiés

Nous nous engageons à accroître la réinstallation des réfugiés au Canada en élargissant le Programme de parrainage privé de réfugiés. Comme l'a suggéré le Canadian Global Affairs Institute, nous devrions supprimer le plafond actuel imposé aux demandeurs d'asile parrainés par le secteur privé et réaffecter davantage de ressources à l'aide au traitement simplifié des réfugiés parrainés par le secteur privé (qui sont actuellement retenus par une bureaucratie gouvernementale trop lourde). Selon Statistique Canada, les réfugiés parrainés par le secteur privé ont généralement des taux d'emploi et des niveaux de revenus plus élevés à long terme. En outre, le traitement des réfugiés devrait être considérablement augmenté en général, une politique conforme à la politique actuelle du Parti vert et aux besoins émergents de la population mondiale de réfugiés climatiques. Cette réforme est basée sur la mise à profit des forces de la société civile par le biais d'une politique plus ouverte envers les réfugiés, tout en reconnaissant le besoin essentiel d’assistance gouvernementale en la matière.

Recommandations politiques

  1. Travailler à faire progresser le leadership du Canada dans l'OTAN en menant des efforts de désescalade et en étant le pivot des efforts d'atténuation/adaptation au climat.
  2. Renforcer le rôle du Canada dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies.
  3. Libéraliser la politique d'immigration canadienne et décriminaliser l'immigration clandestine
  4. Accroître la réinstallation des réfugiés au Canada en élargissant le programme de parrainage privé de réfugiés.